La gale auriculaire du chien et du chat

Chez le chien, le chat ou le furet, la gale des oreilles est très fréquente. Cette affection particulièrement contagieuse des conduits auditifs, responsable d’otite, est provoquée par un acarien, Otodectes cynotis. En raison de son caractère parasitaire, le simple nettoyage d’oreille ne suffit pas à s’en débarasser. Voici quelques points à savoir sur cette affection.

Une otite parasitaire très prurigineuse

La gale auriculaire est provoquée par un acarien qui vit dans les conduits auditifs où il se nourrit de cérumen et de débris. Dans sa salive, se trouvent des molécules responsables de réactions d’hypersensibilité. L’animal se gratte énormément, ses oreilles sont rouges et chaudes, elles contiennent un cérumen très noir (le plus souvent mais pas toujours). Ce prurit occasionne des plaies qui peuvent s’infecter et venir aggraver le problème. Il est donc important de l’éliminer rapidement.

Une parasitose très contagieuse

Même si son cycle entier se passe dans le conduit auditif, cet acarien remonte parfois à la surface, sur la peau proche de l’oreille. C’est ainsi qu’il passe à l’autre oreille, ou d’un animal à l’autre par simple contact. N’étant pas spécifique d’espèce, il passe du chien au chat ou au furet sans aucun problème. Par contre, heureusement pour nous, ce parasite ne passe pas sur l’homme, ce n’est pas une zoonose. Cette contagion a deux conséquences : la gale auriculaire s’observe souvent chez les jeunes animaux provenant de chenils, chatteries ou refuges, là où il y a une forte densité animale ; le traitement d’une gale auriculaire doit intéresser tous les animaux de la maisonnée, car malades ou pas, il y a de grandes chances qu’ils soient tous parasités!

A terme, une otite douloureuse

Sans traitement, les démangeaisons et le grattage continus finissent par engendrer des plaies qui se surinfectent. En se secouant la tête sans arrêt il peut également se blesser le pavillon des oreilles. L’animal devient irritable et toucher ses oreilles peut s’avérer douloureux. Même si certains symptômes sont caractéristiques, ils s’observent également dans d’autres formes d’otite (bactériennes, mycosiques, corps étranger). Il est donc impératif de consulter un vétérinaire pour qu’il confirme le diagnostic, par mise en évidence du parasite (au microscope).

Le nettoyage de l’oreille ne suffit pas

Il peut même être contre-indiqué s’il est réalisé avant la visite chez le vétérinaire car en éliminant le cérumen, il rend plus difficile l’observation du parasite. De plus, sur un animal qui a mal, il peut être difficile à réaliser voire dangereux (risque de morsure). Le traitement de la gale auriculaire passe obligatoirement par l’administration d’un antiparasitaire externe disponible sur prescription soit par voie systémique en spot-on, ou en comprimés soit par voie locale en pommade/ gouttes. Le choix dépend des recommandations du vétérinaire, de l’animal à traiter et des possibilités du propriétaire.

Le nettoyage d’oreille n’est qu’une mesure complémentaire destinée à retirer le cérumen noirâtre, produit en grandes quantités, qui obstrue les conduits auriculaires. Pour le réaliser, il faut appliquer le nettoyant auriculaire dans le conduit auditif, masser la base du conduit, puis retirer les saletés avec un coton à démaquiller ou une compresse. Et ne jamais oublier de nettoyer les 2 oreilles! Le traitement systémique (spot-on ou comprimés) est assez pratique, une application suffit, renouvelée éventuellement 1 mois plus tard si la visite de suivi chez le vétérinaire met encore en évidence des parasites (alors que le traitement local nécessite plusieurs applications sur une période de 3 semaines minimum.) Il est très efficace si (et seulement si) tout les animaux sensibles de la maisonnée sont traités (même s’ils ne présentent pas de signes) en raison de la très grande contagiosité de la maladie. Toutefois il n’empêche pas les récidives si l’animal rentre à nouveau en contact avec un animal parasité.

Et côté prévention?

Malheureusement à ce jour il n’y a pas d’antiparasitaires utilisables en prévention. Le seul conseil à donner c’est de vérifier régulièrement les oreilles de son animal, en particulier s’il a été laissé en pension ou s’il est régulièrement en contact avec d’autres animaux. De plus, dès qu’un animal commence à se gratter les oreilles il faut consulter immédiatement un vétérinaire afin de déterminer l’origine du prurit et mettre en place le traitement adapté avant le développement d’une otite douloureuse.

Article écrit par le docteur Florence Almosni-Le Sueur tiré du quotidien du pharmacien n°3663 du mardi 16 février 2021

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