Le magnésium

Le magnésium.

Le magnésium, qu’est-ce que c’est ?

Sous sa forme naturelle, le magnésium est un métal peu lourd qui existe au niveau du sol, dans certains aliments en quantités extrêmement minimes, or ce métal, universellement réparti, joue un rôle aussi bien chez l’homme et l’animal que chez les végétaux.

Où trouve-t-on le magnésium ?

Le magnésium n’existe pas en tant que tel à l’état brut. Il existe en effet avant tout sous forme de sel de magnésium dont l’importance n’est pas négligeable puisque l’on estime qu’au moins 2 % des roches de l’écorce terrestre sont constitués de composés magnésiques. Cette répartition du magnésium n’est pas homogène : si quasiment toutes les roches de l’écorce terrestre en contiennent, certaines en sont beaucoup plus riches que d’autres. Ainsi les terrains avec dolomites où les roches contenant du mica sont particulièrement chargées en magnésium.

Le magnésium dans le corps humain.

Le magnésium est dans le corps humain ce que l’on appelle un élément ubiquitaire, c’est-à-dire que nous allons le retrouver jouant un rôle dans des fonctions physiologiques extrêmement nombreuses. Le stock en magnésium du corps humain est pourtant très faible : il n’est en effet que de 24 g chez un adulte de poids normal, soit 30 fois moins que le phosphore et 50 fois moins que le calcium (1.2 kg).

Où se trouve le magnésium dans le corps humain ? Deux tiers sont répartis dans les os, particulièrement au niveau de la couche extrême du tissu osseux que l’on appelle le périoste, le tiers restant se retrouvant dans les tissus mous, surtout au niveau des muscles, des tissus nerveux et des viscères, à l’exception d’un seul petit pour cent qui est le magnésium circulant dans le plasma. On comprend donc tout de suite combien il est important, lorsque l’on fait un bilan chez un malade souffrant d’un déficit en magnésium, d’analyser le contenu cellulaire en magnésium et pas seulement le contenu sanguin, puisqu’au total 99 % du magnésium se retrouvent à l’intérieur des cellules du corps humain.

Il reste vrai que la concentration sanguine du magnésium est un élément essentiel pour son équilibre. Son taux normal est d’environ 20 mg/litre et le taux normal du magnésium dit « érythrocytaire » est d’environ 5 mg/litre, mais ces valeurs restent relatives puisque une grande partie du magnésium du corps échappent au dosage.

Comment le corps absorbe-t-il et élimine-t-il le magnésium ?

Seule l’alimentation peut apporter du magnésium au corps humain de façon naturelle. C’est au niveau du tube digestif, plus précisément de l’intestin grêle, que le magnésium sera absorbé ou résorbé. L’absorption ne porte pas sur la totalité du magnésium ingéré : seuls 40 à 70 % seront utilisés. En outre, ces taux peuvent encore baisser sous l’influence de certains facteurs. Ainsi un régime trop riche en matière grasse va inhiber l’absorption du magnésium. De même, lorsque du calcium et du magnésium ont été prescrits simultanément, si ces deux éléments sont pris en même temps, le calcium va être absorbé en priorité car il existe une compétition entre ces deux éléments, dont le calcium sortira toujours vainqueur.

Mais le point essentiel est la façon dont l’organisme élimine le magnésium. Le magnésium qui n’a pas été absorbé au niveau de l’intestin grêle va être éliminé dans les selles, et celui qui circule dans l’organisme le sera par la sueurs et les urines. Dans ces dernières, on pourra donc doser le magnésium (dosage appelé magnésurie). C’est ainsi que, chaque jour, nous éliminons plus de 1.5 % du magnésium total contenu dans notre organisme. Il faudra par conséquent renouveler de façon quotidienne ces pertes pour disposer d’un stock normal et aussi éviter tout déséquilibre qui pourrait devenir chronique.

Quels sont nos besoins en magnésium ?

Le besoin minimal correspond à l’apport nécessaire pour remplacer les pertes dues à l’élimination naturelle qui est de 1.5 %. Pour couvrir ces pertes, 400 mg de magnésium par jour seront nécessaires pour un adulte en bonne santé, soit de 6 à 10 mg/kilo de poids corporel et par jour. Ces besoins sont doublés, voire triplés, chez le nourrisson, l’enfant, l’adolescent et la femme enceinte, l’homme malade.

Les actions physiologiques du magnésium.

Le magnésium est un facteur indispensable à la plupart des réactions biochimiques enzymatiques de l’organisme. En effet, la vie cellulaire ne se produit et ne se poursuit que grâce à l’intervention de certaines protéines particulières : les enzymes. Certaines sont destinées à la création des noyaux de cellules, d’autres à leur « respiration », d’autres à leur métabolisme. Pour toutes, le magnésium est un activateur obligatoire (comme pour l’enzyme réglant la pompe à sodium) appelé cofacteur. Sans lui, rien ne se passerait. C’est par ce mécanisme que le magnésium est appelé à intervenir dans toutes les grandes fonctions physiologiques du corps.

Le magnésium a un rôle prédominant dans le métabolisme de nombreuses hormones : parathormone (impliquée dans la physiologie osseuse), hormones surrénaliennes (cortisol et aldostérone) et d’autres pour lesquelles il représente un facteur essentiel de transmission du « message hormonal » aux cellules des tissus auxquels il est destiné, grâce une fois encore au niveau de l’utérus et des hormones génitales, et explique tout l’intérêt du magnésium chez la femme enceinte ou venant d’accoucher.

Le magnésium tient une place importante dans l’activité normale des muscles. Lorsque ceux-ci doivent fournir un effort intense comme lors d’une compétition sportive violente ou prolongée, un déficit en magnésium, même modéré, peut entraîner rapidement une faiblesse ou une fatigue musculaire.

Le magnésium possède aussi une action importante sur la vésicule biliaire, il régule l’activité motrice de l’intestin à condition de ne pas l’utiliser à trop fortes doses car c’est un laxatif puissant.

Le magnésium et notre système nerveux.

Le magnésium tient un rôle essentiel dans notre système nerveux car non seulement il permet à l’influx nerveux de parcourir rapidement et correctement nos neurones, mais il joue également une fonction importante dans la commande nerveuse de tous nos mouvements musculaires.

Par ailleurs, les relations entre le psychisme et le magnésium, si elles n’ont pas toujours pu être établies précisément, sont acceptées aujourd’hui de façon quasi unanime. En effet, tout stress physique, moral ou psychologique va entraîner des modifications des ions de l’organisme et en particulier la fuite urinaire du magnésium. Si l’on étudie le nervosisme, l’anxiété et la fatigue chez des personnes soumises à des stress multiples et prolongés (burn out, chômage, dépression, surmenage …) en les comparant au taux sanguin du magnésium, on constate que plus ces signes sont intenses, plus le taux de magnésium est bas.

Extrait du livre Le magnésium, une médecin sur mesure, du Dr Marc Schwob, des éditions Leduc.s

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