L’hypothyroïdie, qu’est-ce que c’est ?

L’hypothyroïdie, qu’est-ce que c’est ?

L’hypothyroïdie correspond à un dérèglement de la glande thyroïde qui s’accompagne d’une diminution de la sécrétion d’hormones thyroïdiennes. Elle se caractérise par un ralentissement de la majorité des fonctions de l’organisme, ce qui entraîne notamment : une fatigue chronique, une sensibilité au froid augmentée, une prise de poids, un rythme cardiaque anormalement lent, une peau sèche, de la dépression ou des troubles de la mémoire. L’hypothyroïdie est souvent due à un dérèglement du système immunitaire qui attaque les cellules de la thyroïde et réduit la production d’hormones. Son traitement consiste à prendre des hormones thyroïdiennes de remplacement tout au long de la vie.

Comment fonctionne la glande thyroïde ?

La thyroïde est constituée de deux lobes, situés de part et d’autre du larynx, à la base du cou. Cette glande sécrète des hormones qui sont la tri-iodothyronine (également appelée T3) et la thyroxine (également appelée tétra-iodothyronine ou T4). Ces hormones jouent un rôle essentiel dans la croissance des os, le développement intellectuel mental, l’utilisation des graisses et des sucres par le corps. De plus, elles augmentent la consommation d’oxygène et d’énergie par les cellules.

La production d’hormones par la thyroïde est régulée par une hormone stimulante, la TSH (Thyroid Stimulating Hormone, également appelée thyréostimuline). La TSH est sécrétée par l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. Cette régulation repose sur le principe du thermostat : une baisse des taux sanguins de T3/T4, comme c’est le cas lors d’une hypothyroïdie, entraîne une augmentation du taux sanguin de TSH afin de stimuler la thyroïde à produire plus de T3/T4. À l’inverse, un taux sanguin excessif de T3/T4 (une hyperthyroïdie) provoque une chute du taux sanguin de TSH pour freiner l’activité de la thyroïde.

La présence d’iode dans la thyroïde est indispensable à leur synthèse et, pour cette raison, la thyroïde a la propriété d’accumuler l’iode fournie par les aliments.

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie ?

L’hypothyroïdie se caractérise par une diminution ou une absence de production des hormones thyroïdiennes. Il en existe deux types : l’hypothyroïdie dite « périphérique », conséquence d’une maladie de la glande thyroïde elle-même, et l’hypothyroïdie dite « centrale », lorsque l’hypophyse ne secrète pas assez de TSH.

L’insuffisance d’hormones thyroïdiennes dans le sang diminue le métabolisme de manière générale et peut être à l’origine de symptômes variés.

Qui est touché par l’hypothyroïdie ?

On estime qu’entre 3 et 10 % des Français souffrent d’hypothyroïdie, ce pourcentage augmentant avec l’âge. Les femmes, en particulier après 50 ans, sont deux à trois fois plus touchées que les hommes.

Dans les pays industrialisés, les personnes les plus susceptibles d’être atteintes d’hypothyroïdie sont :

les femmes de plus de 60 ans : plus de 10 % d’entre elles seraient touchées ;
les femmes ayant accouché dans l’année : entre 5 et 8 % d’entre elles seraient touchées de manière transitoire par une inflammation de la thyroïde, ou thyroïdite « post-partum », qui provoquerait une hypothyroïdie durable dans 20 % des cas ;
les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ;
les personnes souffrant de maladies auto-immunes comme, par exemple, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, la maladie de Gougerot-Sjögren, le psoriasis, etc.

Quels sont les symptômes de l’hypothyroïdie ?

En cas d’hypothyroïdie, de nombreux symptômes peuvent être observés, mais chaque patient n’en exprime que quelques uns. Comme l’hypothyroïdie est une maladie qui apparaît lentement, il est fréquent que la personne n’identifie pas ces symptômes comme étant causés par une seule maladie. Elle se sent fatiguée, déprimée ou essoufflée à l’effort, mais ne fait pas le lien entre ces signes. L’hypothyroïdie est souvent diagnostiquée lorsque d’autres causes plus évidentes ont été éliminées.

Les symptômes de l’hypothyroïdie varient selon le degré du déficit en hormones thyroïdiennes. Il est assez fréquent que l’hypothyroïdie soit modérée et ne produise pas de symptômes notables. On parle alors d’hypothyroïdie infraclinique (ou « frustre » ou « asymptomatique » ou « occulte »). Cette forme d’hypothyroïdie est particulièrement observée chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez les enfants.

Lorsque l’hypothyroïdie s’aggrave, on peut observer :

de la fatigue chronique et un manque d’énergie ;
des difficultés de concentration et des troubles de la mémoire, surtout chez les personnes âgées ;
des symptômes dépressifs (manque de motivation, troubles du sommeil, etc.) ;
une tendance à être frileux même quand la température est agréable ;
des crampes musculaires et des fourmillements dans les membres ;
un rythme cardiaque anormalement lent (bradycardie) qui peut se traduire par un essoufflement à l’effort ;
une sécheresse et une pâleur de la peau, associées à des cheveux et des ongles secs et cassants ;
une prise de poids malgré un appétit normal ;
un taux sanguin de cholestérol anormalement élevé ;
de la constipation ;
chez les femmes, des règles irrégulières et des problèmes de fertilité.

Le goitre (gonflement à la base du cou), autrefois classiquement associé à l’hypothyroïdie, est devenu rare car il n’apparaît que tardivement en l’absence de traitement.

Quelles sont les complications de l’hypothyroïdie ?

Si l’hypothyroïdie n’est pas diagnostiquée ou traitée chez un adulte (et en particulier une personne âgée), un gonflement du visage (myxœdème) accompagné d’une peau jaune et sèche, voire un coma, peuvent survenir. Mais il s’agit d’une complication devenue exceptionnelle de nos jours. Il semblerait également qu’une hypothyroïdie fruste non soignée puisse augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, etc.).

Chez les enfants, une hypothyroïdie non soignée entraîne des complications graves : petite taille (nanisme) et retard mental important (le « crétinisme »).

Extrait de la Newsletter EurakaSanté de juin 2018.

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