Gaulthérie couchée ou odorante ? Quelles sont les points communs et les différences ?

Gaulthérie couchée ou odorante ? Quelles sont les points communs et les différences ?

Une des stars de l’aromathérapie est l’huile essentielle de gaulthérie. Deux espèces de gaulthérie sont principalement cultivées pour en extraire l’huile essentielle : la gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens L.) et la gaulthérie odorante ou (Gaultheria fragantissima Wall.). Quelles sont les points communs et les différences observées entre ces deux huiles essentielles ?

La gaulthérie était connue et utilisée depuis fort longtemps par les sorciers amérindiens pour des pathologies inflammatoires. Les Indiens en effet faisaient une consommation énorme de gaulthérie, tant par voie interne, contre les maladies infectieuses, pour faire tomber la fièvre, que par voie externe, pour soulager leurs douleurs et cicatriser leurs blessures.

Au début du XIXe siècle, les Iroquois préparaient le « Swains panacea », en faisant macérer la gaulthérie. Cette préparation avait alors la réputation de guérir tous les maux … telle une authentique panacée, à l’image du ginseng asiatique ou de la sauge européenne.

Vers 1815, à Paris, le pharmacien Boyveau copia cette préparation et formula un produit appelé Rob de Laffecteur, et on retrouve d’ailleurs encore aujourd’hui la gaulthérie dans de nombreux baumes et pommades allopathiques (maintenant remplacé part le principe actif isolé).

La gaulthérie couchée ou Wintergreen, Gaultheria procumbens L., de la famille des Ericaceae, est originaire des montagnes Rocheuses de l’Ouest américain et pousse jusqu’à 1500 mètres d’altitude sur les pentes et les terrains issus de la décomposition des anciennes moraines glacières. Petite plante vivace de sous-bois d’une dizaine de centimètres de hauteur, elle rampe sur le sol, arrive à fleurir sans lumière, car elle possède peu de chlorophylle. Ses feuilles persistantes, toujours vertes et teintées de pourpre sur le dessus, lui valent le nom anglais de Wintergreen. Ses fleurs sont solitaires, de blanches à rose pâle, en forme de clochettes portées par des tiges érigées. Les fruits sont de fausses baies, d’un rouge écarlate durant tout l’hiver. Elle aime un biotope fait des sols humides, les bois et les marais acides et sableux, les forêts de sapins du Canada, par exemple.

L’huile essentielle est obtenue par distillation par entraînement à la vapeur d’eau des parties aériennes, et est quasi exclusivement composée de salicylate de méthyle (plus de 99 %). C’est une huile essentielle très fluide, incolore ou jaunâtre, avec une odeur caractéristique du salicylate de méthyle.

L’huile essentielle de gaulthérie couchée possède des propriétés antispasmodique, anti-inflammatoire, hépatostimulante et vasodilatatrice et elle est indiquée en cas de rhumatismes musculaires, tendinite, crampe, arthrite, d’épicondylite, polyarthrite rhumatoïde, de petite insuffisance hépatique, mais aussi d’hypertension, de céphalées ou de coronarite.

La gaulthérie odorante, Gaultheria fragantissima Wall., est originaire du Népal. L’huile essentielle est extraite elle aussi des parties aériennes et elle est principalement composée de salicylate de méthyle (99 %), tout comme celle du continent américain. Néanmoins, une plus grande diversité biochimique est retrouvée dans cette huile essentielle, lui conférant une fragrance plus fine, ainsi qu’une couleur plus rougeâtre. Des phénols (phénol, eugénol), phénols méthyl-éthers (béta-asarone) ou encore des aldéhydes (hexanal, trans-2-décénal, etc) font parti de sa composition.

Les propriétés de la gaulthérie odorante sont les mêmes que la gaulthérie couchée : antispasmodique, anti-inflammatoire, hépatostimulante et vasodilatatrice. Les indications seront elles-aussi similaires. Néanmoins, la gaulthérie odorante se retrouve indiquée dans certaines dermatoses, l’eczéma ou le pityriasis, mais la grande différence entre ces deux huiles essentielles se fera exclusivement par le maître parfumeur, pour les caractéristiques olfactives des huiles.

Autres points communs : les huiles essentielles de gaulthéries ne s’utiliseront que par voie cutanée, généralement diluées dans de l’huile végétale. La voie orale est réservée aux médecins aromathérapeutes, et la diffusion est contre-indiquée. Indiquées à partir de 12 ans, elles sont contre-indiquées aux femmes enceintes et allaitantes, et aux personnes allergiques (en particulier à l’aspirine). Certains auteurs déconseillent aussi les applications sur des zones étendues d’huile essentielle de gaulthérie, notamment en cas de prise concomitante d’anticoagulants.

Il est à noter que la qualité de ces huiles essentielles est à surveiller, tant la fraude est fréquente et facile, par ajout de salicylate de méthyle de synthèse. Utilisée en Amérique du Nord dans la formulation de produits d’hygiène buccale, de produits cosmétiques, de préparations médicamenteuses pour l’usage externe ainsi que pour l’aromatisation de produits alimentaires, l’essence de Wintergreen est souvent remplacée par le salicylate de méthyle synthétique. Naturel ou synthétique, ce produit est régulièrement à l’origine d’intoxications dont la symptomatologie est celle de l’intoxication salicylée : 1 ml de salicylate de méthyle est équivalent à 1,4 g d’acide acétylsalicylique et les quantités ingérées sont parfois supérieure à 10 ml. Cet ester est également le constituant majoritaire de préparations d’origine asiatique destinées à induire une analgésie locale (Red oil chinese).

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