Médicaments, vague de chaleur et déshydratation.

Médicaments, vague de chaleur et déshydratation.

Les vagues de chaleur et les climats très chauds nécessitent une adaptation de l’organisme. Lorsque les capacités de régulation de la température sont dépassées, la déshydratation et le coup de chaleur peuvent survenir, mettant en danger la vie de la personne. La prise de médicaments en cas de forte chaleur n’est pas sans risque : certains médicaments peuvent augmenter les effets de la chaleur et leur usage peut nécessiter une modification de la posologie par le médecin traitant.

Quels sont les risques en cas de canicule ?

Lors d’une vague de chaleur ou sous un climat tropical extrême, une température ambiante élevée peut favoriser l’apparition de deux complications : la déshydratation et le coup de chaleur.

La déshydratation se manifeste lorsque les pertes en eau du corps sont plus importantes que les apports par les boissons et les aliments. Elle apparaît en quelques jours et se traduit par une sensation de bouche sèche, une diminution du volume des urines qui prennent une couleur foncée, une fatigue et des maux de tête. Si elle n’est pas soignée, elle se traduit par de la fièvre et, parfois, des troubles du comportement ou une perte de conscience. Dans les cas sévères, la déshydratation peut entraîner le décès.

Le coup de chaleur apparaît en moins de six heures. Il se traduit par une sensation de chaleur intense, une rougeur de la peau, des troubles du comportement pouvant aller de l’hébétude à l’agressivité, une démarche titubante, de la fatigue et une soif intenses, des crampes musculaires, des nausées ou des vomissements. S’il n’est pas pris en charge, il peut provoquer un coma mortel en moins de 24 heures.

Le risque de connaître une de ces complications varie selon plusieurs paramètres. Il est augmenté chez les nourrissons et les enfants, les personnes âgées et les personnes qui souffrent de certaines maladies chroniques (troubles cardiaques, insuffisance rénale, maladie entraînant un confinement au lit, etc.).

Les médicaments peuvent-ils déclencher un coup de chaleur ?

La prise de médicament, lorsqu’elle respecte les consignes données par le médecin, n’est pas un facteur déclenchant de la déshydratation et du coup de chaleur, même lors d’une canicule. Néanmoins, certains médicaments peuvent contribuer à l’aggravation de ces complications lorsqu’elles surviennent. En effet, certaines substances peuvent interagir avec les mécanismes de régulation de la température par le corps.


Lors d’une canicule, d’un séjour en zone tropicale (ou même d’une activité sportive sous un climat chaud), le médecin peut envisager d’adapter le traitement de son patient pour éviter ces effets aggravants. Cette adaptation se fait au cas par cas et aucune règle systématique ne peut être proposée.

En cas de canicule, plusieurs familles de médicaments peuvent représenter un risque et doivent être prises en considération par le médecin.

Les médicaments diurétiques (en particulier ceux qui contiennent du furosémide) peuvent aggraver la déshydratation, tout comme les médicaments qui peuvent perturber le fonctionnement des reins : les anti-inflammatoires non-stéroïdiens comme l’ibuprofène, l’aspirine à dose antalgique (plus de 500 mg par jour), les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II, les antibiotiques de la famille des sulfamides et certains antiviraux.

Certains médicaments peuvent empêcher l’élimination de la chaleur par le corps. Lors de chaleur extrême, le corps s’adapte en éliminant une quantité plus élevée de calories. Pour cela, il a recours à plusieurs mécanismes dont les principaux sont la transpiration et la dilatation des vaisseaux sanguins de la peau. C’est pour cela que lorsqu’on a chaud, on sue et on est rouge. La transpiration, lorsqu’elle s’évapore, consomme de la chaleur et refroidit la surface du corps. La dilatation des vaisseaux sanguins de la peau permet d’augmenter les échanges de température entre le sang, la peau et l’atmosphère. Ces réactions sont contrôlées par des régions du cerveau chargées de réguler la température du corps (l’hypothalamus).

Les médicaments concernés sont certains antidépresseurs, anti-histaminiques, anti-parkinsonniens, antispasmodiques destinés à soulager l’incontinence urinaire, les neuroleptiques, le pizotifène et le disopyramide. Les médicaments utilisés contre le rhume (contenant des vasoconstricteurs), l’hypotension orthostatique et la migraine, les hormones thyroïdiennes, les neuroleptiques et les anti-hypertenseurs seront aussi à surveiller.

Que faire lorsqu’on prend des médicaments pendant une vague de chaleur ?

Si l’on prend des médicaments susceptibles de réduire les capacités du corps à s’adapter à la chaleur, il peut être utile de faire le point avec son médecin sur ses traitements et ses éventuels facteurs de risque. Dans tous les cas, n’arrêtez pas votre traitement et ne réduisez pas les posologies sans en parler avec le médecin qui vous a prescrit ces médicaments. Il pourra éventuellement prescrire des examens complémentaires (état d’hydratation, fonctionnement des reins, etc.) pour mieux cerner le risque et prévenir les complications. Il est également recommandé de ne prendre aucun médicament en automédication en période de canicule, plus particulièrement chez les personnes âgées.

La chaleur peut-elle interférer avec un traitement ?

Dans certains cas, la chaleur extrême et la déshydratation peuvent modifier la façon dont un médicament est éliminé par le corps. Dans ce cas, des effets indésirables peuvent apparaître qui contribuent également à aggraver un coup de chaleur. Les médicaments concernés par ce problème sont les sels de lithium prescrits contre les troubles bipolaires, les médicaments des troubles du rythme cardiaque, les médicaments de l’épilepsie, certains médicaments du diabète de type 2 et ceux destinés à lutter contre l’excès de cholestérol (médicaments de la famille des statines et des fibrates).

Comment conserver ces médicaments ?

Les médicaments à conserver à température ambiante : ces médicaments ne craignent pas la chaleur de nos climats, même en cas de canicule. Ils peuvent résister à des températures de 40°C pendant six mois. Ils ne demandent pas de précaution particulière sauf dans des conditions extrêmes (par exemple, dans une voiture au soleil où la température peut dépasser 40°C).

Les médicaments à conserver à une température inférieure à 25 ou à 30°C : ces médicaments se conservent à des températures modérées. Toutefois, un excès de chaleur pendant quelques jours, voire quelques semaines, ne nuit pas à leur efficacité. Il suffit donc de les stocker dans son armoire à pharmacie. Lors de voyage pendant une vague de chaleur, il est préférable de les transporter dans un emballage isotherme non réfrigéré.

Les médicaments à conserver entre 2 et 8°C : ces médicaments doivent être conservés au réfrigérateur. En cas de vague de chaleur, il convient donc de vérifier avec un thermomètre que son réfrigérateur reste capable de fonctionner correctement. Une fois sortis du réfrigérateur, il faut les utiliser rapidement. Leur transport exige un emballage isotherme réfrigéré (par exemple une poche de glace) mais en veillant à ce que le médicament ne congèle pas au contact de la source de froid.

Les formes pharmaceutiques sensibles à la chaleur : les médicaments qui se présentent sous forme de suppositoire ou d’ovule sont susceptibles de fondre en cas de forte chaleur et les crèmes et pommades peuvent également changer d’aspect. Il est donc important de les conserver si possible au frais. Si vous constatez une modification importante de la couleur ou de la texture (séparation entre la phase grasse et la phase aqueuse) après exposition à la chaleur, il est préférable de ne pas utiliser vos produits car ces changements d’aspect peuvent indiquer un changement des propriétés et une baisse d’efficacité.

Pour en savoir plus sur https://eurekasante.vidal.fr/medicaments/prendre-traitement/medicaments-vague-chaleur.html?cid=eml_000081#IjteuJL4537kx8Rd.99

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