Critères de qualité indispensables d’une huile essentielle utilisée en aromathérapie ?

Quels sont les critères de qualité d’une huile essentielle utilisée en aromathérapie ?

Huiles essentielles 100 % pure et naturelle

Le premier critère de qualité n’est pas des moindres, puisqu’il doit vous permettre de distinguer les huiles essentielles trafiquées des huiles essentielles pures. La mention Huile essentielle 100 % pure et naturelle doit impérativement apparaître sur le flacon que vous allez acheter.

La culture biologique bien évidemment est à favoriser car elle est la seule à pouvoir assurer la parfaite traçabilité de la matière première, du producteur au consommateur. Les normes AB, Ecocert et Nature & Progrès, permettent de s’assurer du respect de la filière. L’intérêt pour ce point est non seulement de favoriser une filière respectueuse de l’Homme et son environnement, mais aussi d’assurer au patient une qualité de produit irréprochable avec une haute teneur en principes actifs naturels.

Dénomination scientifique.

Le deuxième critère de qualité d’une huile essentielle est son appellation, et permet principalement d’éviter les confusions entre les produits.

Les appellations communes des plantes varient d’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une région à une autre, voire même d’une ville à une autre. Les exemples sont nombreux où une même appellation est donnée à des espèces végétales différentes. Par exemple, le nom Origan, peut être attribué à Corydothymus capitatus L. Hoff. (Origan d’Espagne), Origanum vulgare L. (Origan de Grêce),Origanum onites L. (Origan de Turquie) ou encore Lippia graveolens MBK. (Origan du Mexique). Seule la dénomination scientifique (le nom latin) est officiellement et mondialement reconnue, et permet d’être certain de la réelle identification de l’espèce végétale concernée.

Le nom latin est formé de 3 parties : le nom de genre (désigné par un nom particulier et identique pour toutes les espèces de ce genre ; le genre prend une majuscule), le nom d’espèce (épithète spécifique : adjectif ajouté au genre ; Ne prend pas de majuscule), l’initiale du parrain botanique (botaniste qui a décrit l’espèce ; Exemple : L. pour Linné). Les Lavandes, quant à elles, donnent un exemple très explicite d’indispensable précision botanique. En effet, il existe plusieurs espèces, sous-espèces, et variétés, qui doivent être connues et séparées, car leurs vertus sont très différentes. La lavande vraie est la plus merveilleusement parfumée, et s’appelle Lavandula angustifolia ssp angustifolia var. fragrans, dont plusieurs races et formes existent uniquement à l’état sauvage sur les sols calcaires les plus secs de 700 à 1800 m d’altitude. La lavande fine est une autre lavande officinale (Lavandula angustifolia ssp angustifolia var delphinensis), moins odorante et moins subtile. Elle existe à l’état spontané sur des sols plus frais et de moindre altitude et peut se cultiver. La lavande aspic (Lavandula latifolia) pousse quant à elle à basse altitude. La lavande stoechade (Lavandula stoechas) prospère dans les zones les plus méridionales, présente une odeur plus camphrée et entêtante. Les lavandes hybrides (Lavandula x burnatii) sont communément appelées lavandins, et constituent la majorité des cultures actuelles en raison de leur bonne productivité, malgré leur odeur moins fine (lavandin super) ou plus camphrée (lavandin abrial). En aromathérapie, les Lavandes fine et vraie pourront être utilisées à partir de 3 ans, alors que le les Lavandins ne devront être utilisés qu’à partir de 7 ans. Quant à la Lavande aspic, la plus camphrée, elle ne s’utilisera qu’à partir de 12 ans.

La précision du nom latin est donc indispensable avant toute utilisation d’huile essentielle sur soi ou sur les autres.

La partie de plante utilisée / Organe producteur.

Toutes les parties d’une même plante aromatique peuvent produire des huiles essentielles. Aussi, il est indispensable de savoir si cette huile est extraite des feuilles, des graines, des fleurs, de l’écorce, des racines, des parties aérienne fleuries, etc.

Prenons l’exemple du Bigaradier ou Oranger amer, Citrus aurantium ssp aurantium. Une pression à froid du zeste de l’orange amère vous donnera de l’essence d’Orange amère ou Curaçao, très largement utilisé en Amérique du Sud. Le zeste d’orange amère contient plus de 90 % de limonène et possède des propriétés calmantes, sédatives et toniques à faible dose. Par contre, la distillation des feuilles du Bigaradier donnera de l’huile essentielle de Petit grain Bigarade, qui est composé de 50 % d’acétate de linalyle (ester) et 20 % de linalol (alcool monoterpénique), et reconnue pour ses propriétés rééquilibrante nerveuse et anti-spasmodique remarquable. Enfin, la distillation des fleurs du Bigaradier donnera l’huile essentielle de Néroli bigarade, dont les fragrances sont appréciées de tous. Le néroli bigarade contient 30 % de linalol et 5 % de trans-nérolidol (alcool sesquiterpénique), et possède des propriétés neurotoniques et antidépressives formidables … et son prix ne sera pas le même non plus, puisque l’huile essentielle de Néroli bigarade coûte cinq fois plus cher que le Curaçao ou le Petit grain Bigarade.

Précisons ici que les termes Néroli et Petit grain s’applique à toute la famille botanique des Rutacées (Agrumes). Ainsi, il est possible de retrouverez du Petit grain Citronnier ou du Néroli Mandarinier.

L’origine de production / Modes de récolte.

La notion de terroir s’applique aux huiles essentielles, et l’origine de production et les modes de productions ont une influence sur la composition de la matière première végétale. Ainsi, les fleurs d’Immortelle ou Hélichryse italienne (Helichrysum italicum) cueillies à l’état sauvage en Corse aura une composition différente de celles cultivées dans les Balkans. Si les deux produits auront une composition en Italidiones similaires, l’efficacité de l’huile essentielle corse sera largement supérieure à celle cultivée dans les Balkans. Mais son prix sera lui aussi beaucoup plus élevé.

Les modes d’extraction ont bien évidemment un impact direct sur la qualité de l’huile essentielle, et seuls les produits obtenus par distillation par entraînement à la vapeur d’eau seront qualifiés d’huile essentielle, excepté les zestes des agrumes, qui sont obtenus eux par pression à froid. La technique de l’incision permet quant à elle de récolter les oléorésines ou baumes contenus dans certains arbres (myrrhe, encens, copaïba, etc.)

Chémotype / Chimiotype / Spécificité biochimique.

Le chémotype désigne une entité chimique distincte au sein d’une même espèce végétale, et a été mis en avant par Franchomme dans les années 1970. Les huiles essentielles présentent des variations chimiques ou génétiques en fonction des influences de leurs écosystèmes (altitude, humidité, ensoleillement, photopériodes, etc.). Ainsi, dans le genre Citrus par exemple la teneur en huile essentielle est plus élevée si la plante pousse en haute altitude.

Pour illustrer cette notion de chémotype, nous allons nous pencher sur le Thym, Thymus vulgaris qui possède jusqu’à six chémotypes différents. Vous pouvez retrouver du Thymus vulgaris CT thymol, carvacrol, thuyanol, linalol, géraniol ou encore terpinéol. Le thymol est le composant aromatique responsable de l’odeur caractéristique du thym. Il pousse dans la plupart des régions. Son activité antibactérienne est très puissante, mais est responsable de dermo-causticité. Le thym à carvacrol pousse en zone aride et sèche. Sa structure chimique est similaire au thymol, et possède les même propriétés thérapeutiques. Les CT linalol et géraniol poussent eux en montagne et possèdent une activité antiseptique moindre que les deux précédents mais sont beaucoup moins irritant pour la peau. Le thym à thuyanol possède quant à lui de remarquables propriétés antimycosiques. Enfin, le thym à terpinéol possède quant à lui des propriétés antiseptiques et anti-inflammatoires.

Dans cet exemple, nous ne pouvons que constater que pour une même espèce végétale, le même organe producteur, nous pouvons rencontrer des huiles essentielles totalement différentes, qui seront donc utilisées pour des indications différentes. Il faudra donc préciser s’il vous faut du Romarin à cinéole ou du Romarin à verbénone, du Thym à thymol ou à linalol si vous ne voulez pas vous tromper.

En conclusion.

Il est donc nécessaire de respecter tous ces critères de qualité et d’identification afin de s’assurer de la bonne utilisation des huiles essentielles. L’appellation HEBBD (Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie) ou HECT (Huile Essentielle Chémotypée) permet de s’assurer du respect de ces critères, seuls garants d’une utilisation en toute sécurité.

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